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Le Syndrome de Peter : Pourquoi vos meilleurs experts ne font pas toujours les meilleurs managers (et comment y remédier)

  • 11 mai
  • 4 min de lecture


On en a tous un dans l'équipe. L'expert technique hors pair. Celui qui résout les tickets complexes en dix minutes, qui connaît le code par cœur ou qui a réponse à chaque question technique.


Et un jour, la place de manager se libère. Naturellement, tout le monde pense à lui. La hiérarchie le promeut. Et là, c'est le drame.


Ce n'est pas qu'il est incompétent, c'est qu'il est victime du Syndrome de Peter (ou Principe de Peter) : le manager dispose des compétences de base et des qualifications nécessaires à l’exécution de leurs tâches. Mais aucune en management d'équipe


Mais, au-delà de la théorie, ce que je vois sur le terrain, c'est une perte de valeur réelle : vous avez tué votre meilleur expert et vous avez créé un manager malheureux.


1. L'erreur du "manager par défaut"


Dans beaucoup d'entreprises, on pense encore que la seule voie d'évolution possible, c'est le management. C'est une erreur stratégique monumentale.

Quand vous forcez un expert à devenir manager, vous lui demandez de tuer la compétence qui le rendait heureux.


Son plaisir, c'était le "faire" (la technique, la précision). Son nouveau job, c'est le "faire-faire" (la politique, le reporting, la gestion des ego). C’est un changement de métier radical, pas une simple promotion.


2. Le piège de l'Expert-Manager


J'ai observé trois symptômes classiques chez ceux qui stagnent dans ce rôle :

  • Le micro-management de survie : Comme le nouveau manager se sent illégitime sur le volet "humain", il se réfugie dans la technique. Il repasse derrière ses collaborateurs, il corrige le travail, il veut tout contrôler. Il ne manage pas, il supervise des tâches.


  • Le déni de posture : Il attend de son équipe qu'elle soit aussi "brillante" que lui. Quand ils ne le sont pas, il est frustré. Il ne comprend pas pourquoi les autres ne "comprennent pas tout tout de suite".


  • L'isolement cognitif : Il ne prend plus de temps pour monter en compétence, ni en technique (il n'a plus le temps), ni en management (il ne s'y intéresse pas). Il stagne dans une zone grise inconfortable.


3. Comment les débloquer (sans les perdre)


Si vous avez un expert qui patine en tant que manager, ne le laissez pas s'enfoncer. La responsabilité du manager, c'est aussi de protéger ses collaborateurs contre eux-mêmes.


A. Le test de réalité (Le "Quitte ou Double")

Asseyez-vous avec lui. Sortez du cadre de l'entretien annuel formaté. Posez-lui la question cash : "Qu'est-ce qui te manque le plus dans ton ancienne vie ? Est-ce que tu te vois manager dans deux ans, ou est-ce que tu regrettes le temps où tu étais sur le terrain ?" Souvent, ils sont soulagés d'entendre cette question. Le déni tombe.


B. Créer des voies de garage nobles

On ne peut pas tous être managers, et c'est très bien ainsi. Votre entreprise a besoin d'experts techniques, de référents, de mentors. Si votre structure ne permet pas d'évoluer en salaire et en reconnaissance sans devenir manager, c'est votre structure qui est le problème, pas l'expert.

Créez des postes de "Tech Leads" ou "d'Experts Seniors" où la reconnaissance est liée à l'impact technique et non au nombre de personnes managées.

Les allemands font ça très bien. allez vous inspirez chez eux



C. La formation, mais pas celle qu'on croit

Si l'expert veut vraiment être manager, alors il doit accepter de "désapprendre". Il doit lâcher la technique. C'est là que l'intelligence émotionnelle entre en jeu : il doit comprendre que son impact ne passe plus par ce qu'il sait, mais par ce qu'il permet aux autres de faire.


4. Ma conviction pour les manager leader

Manager, c'est un métier à part entière. Ce n'est pas une récompense pour les bons élèves techniques.

Si vous avez un expert qui "stagne", demandez-vous : est-ce vraiment une stagnation ou est-ce juste une adéquation ratée entre ses aspirations profondes et la fonction qu'on lui a imposée ?


L'entreprise qui débloque la situation, c'est celle qui est capable de dire à son meilleur expert : "Tu es trop précieux pour qu'on fasse de toi un manager médiocre. Reste l'expert brillant que tu es, et trouvons ensemble une voie pour que ton impact soit reconnu à sa juste valeur."



Comment accompagner la promotion

Autre levier essentiel : l’accompagnement de la personne promue. En effet, une organisation doit accompagner les collaborateurs dans :

  • La transition entre leur poste actuel et le poste visé ;

  • L’adaptation au nouveau poste.

Il s’agit alors de :

  • Former les salariés qui ont l’envie d’évoluer, que l’organisation sent aptes à être promus mais qui ont besoin de consolider leurs compétences, leur savoir-faire.

  • Former les salariés une fois au poste promu pour asseoir l’expertise du collaborateur, lui permettre d’acquérir des compétences en étant en poste et en ayant des faits concrets comme base d’apprentissage.

  • Donner les ressources humaines et fonctionnelles nécessaires à cette adaptation et à la nouvelle prise de fonction.

  • Instituer un management collaboratif pour faciliter la prise de poste.

  • Communiquer.

  • Faire preuve de patience face à l’évolution du travailleur : comme tout un chacun, il peut se tromper, faire des erreurs, prendre du temps pour comprendre, essayer, réessayer. Il doit prendre confiance en lui et ses capacités face à la nouveauté.

  • Permettre le retour en arrière grâce à une période probatoire au nouveau poste.



La stagnation n'est pas une fatalité, c'est souvent un signal d'alarme. Si vous avez dans votre équipe quelqu'un qui semble en souffrance ou qui tourne en rond, travaillez à mettre en place de nouvelles voies de développement.

Repartez du besoin : qu'est-ce qui le fait vibrer aujourd'hui ?



Teddy

 
 
 

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