Que faire quand un collaborateur s'investit moins que les autres ?
- 6 mai
- 4 min de lecture
On en a tous connu au moins un...
Ce collaborateur dont tout le monde parle. Moins motivé, moins impliqué, jamais vraiment là où on l'attendait. Ses collègues le voient. Sa hiérarchie le voit. Tout le monde le voit.
Dans certaines équipes ça devient même une blague. "Ah lui ? Bah c'est lui, on lui demande rien de toute façon."
Et on passe à autre chose.
Mais est-ce qu'on doit vraiment accepter ça ?
En fait la réponse dépend d'une seule chose : depuis combien de temps ça dure. Parce que selon la réponse, on ne va pas du tout gérer la situation de la même façon.
Cas #1 — Il vient d'arriver. Là c'est le bon moment.
Quand c'est récent, c'est beaucoup plus simple à traiter. Il y a encore une vraie marge de manœuvre. Et il faut s'en saisir maintenant.
La première chose à faire c'est d'aller comprendre ce que veut vraiment cette personne. Pas ce qu'on imagine qu'elle veut. Ce qu'elle veut, elle.
Est-ce qu'elle cherche à prendre de l'importance dans l'équipe ? À monter en compétences ? Ou est-ce qu'elle veut juste faire son travail correctement sans ambition particulière d'évoluer ?
Cette dernière option peut surprendre. Et pourtant elle est beaucoup plus courante qu'on ne le croit.
Beaucoup de gens vivent leur travail comme quelque chose d'alimentaire. Un moyen de vivre, pas un terrain d'épanouissement. Ce n'est pas de la flemme. C'est un choix de vie. Et le manager doit apprendre à faire avec.
En revanche, faire avec ce choix ne veut pas dire accepter n'importe quoi.
Et c'est là qu'il y a une distinction vraiment importante à faire, celle entre la charge de travail et la responsabilité. Parce que ces deux notions sont souvent confondues et c'est exactement là que naît la frustration des deux côtés.
La charge de travail c'est ce qu'on demande au collaborateur. C'est ce pour quoi il est payé chaque mois. Elle doit être la même que pour les autres membres de l'équipe, peu importe ses ambitions.
La responsabilité c'est autre chose. Ce sont les tâches en plus, ponctuelles, qui permettent de voir si quelqu'un est capable de faire plus, et qui ouvrent la porte à une évolution si la personne le souhaite.
Ne pas vouloir plus de responsabilités, ça s'accepte tout à fait.
Ne pas assurer sa charge de travail, ça ne s'accepte pas.
Et ce qu'il faut garder en tête c'est que le niveau d'ambition ne dit rien sur la compétence. Quelqu'un qui fait correctement son travail sans chercher à en faire plus, c'est quelqu'un de compétent. Pleinement.

Cas #2 — Ça dure depuis longtemps. C'est une autre histoire.
Quand rien n'a été fait depuis des mois ou des années (ni par vous, ni par la personne avant vous) la situation a eu le temps de s'installer. De créer des tensions. De générer des rancœurs.
Et là un simple entretien individuel ne suffira pas.
Parce que le manque d'investissement de ce collaborateur a très probablement créé des frustrations chez ses collègues. Des inégalités perçues. Des choses dites ou pas dites depuis longtemps.
La réponse doit donc être collective.
Le rôle du manager sera de remettre les choses à plat pour tout le monde, de désamorcer ce qui peut être désamorcé, et de recréer une dynamique de travail saine. Ce n'est pas simple. Et selon la situation, faire appel à quelqu'un d'extérieur (un facilitateur, un coach) peut vraiment aider à débloquer les choses.
Deux situations vont se présenter et il faut s'y préparer.
Certains collaborateurs se sont fermés depuis longtemps. Ils ne diront rien. Ils observeront. Il faudra créer les conditions pour qu'ils puissent s'exprimer sans se sentir en danger.
D'autres au contraire vont profiter de l'ouverture pour sortir tout ce qu'ils ont accumulé depuis des années. Le manager doit s'y préparer et surtout avoir fait le point sur ses propres besoins et limites avant d'ouvrir cette boîte, pour ne pas se retrouver submergé.
Et pour ceux qui voudraient que tout change vite : cette situation relève de la gestion du changement. Et tout changement prend du temps. Le manager devra être patient, mais avoir un cap clair. Pour lui et pour son équipe.
Ce que cette situation dit vraiment.
Un collaborateur qui s'investit moins que les autres, ce n'est pas forcément quelqu'un qui manque de volonté ou de compétences.
C'est souvent un problème de clarté. Sur ce qu'on attend vraiment. Sur ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas. Sur la différence entre ambition et engagement.
Manager ce n'est pas obtenir de tout le monde la même intensité.
C'est créer les conditions pour que chacun donne ce qu'il a, à sa juste mesure.
Moi c'est Teddy.
Je suis spécialiste du développement des compétences humaines des managers.
Je vous accompagne à mieux communiquer et mieux gérer votre stress au quotidien (pour vous épanouir dans votre poste et embarquer avec vous des équipes motivées et engagées).
Est-ce que vous avez déjà vécu cette situation dans votre équipe ? Comment vous l'avez gérée ?



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